Joëlle Diani, vous lancer un site de réunion intitulé "Brouillons de culture". Alors, est-ce qu'un si joli titre annonce une séance de travail, un peu retour aux sources, avec un côté boite à idée pour l'Agence d'urbanisme pour ses partenaires ?
Joëlle Diani : Comme le nom l'indique ses séances "brouillons de nature" sont dédié à la nature en ville. Alors, pourquoi la nature en ville ? Parce que l'on est dans un contexte de raréfaction des sols, de moindre consommation des espaces agricoles et naturels périurbain. On est dans un contexte de ville plus compacte, reconstruite sur elle même. L'idée, c'est comment retrouvé des dynamiques plus naturelles dans un espace qui l'est de moins en moins.
Peut on qualifier les enjeux, c'est compliquer la nature en ville ?
Joëlle Diani : C'est compliqué, c'est surtout complexe. Les enjeux sont de plus en plus nombreux, puis alors ils sont surtout de plus en plus croisés. Alors il s'agit, bien sur, d'enjeux l'ordre esthétiques, de la composition urbaine. Ce sont nos métiers en urbanisme. L'enjeu actuel, par exemple, c'est comment faire de la ville un lieu de vue attractif pour tout le monde et comment créer une offre résidentielle qui soit une offre crédible au choix d'aller vivre en périurbain et en maison individuelle. Mais les enjeux sont aussi de l'ordre, bien sur, écologique économique, sociale. A titre d'exemple, on peut citer : comment aujourd'hui anticiper les changements climatiques, comment réduire l'impact des ilots de chaleur. Un autre enjeu, qui est aussi important, c'est comment favoriser l'infiltration des eaux pluviales. Puis un autre enjeu qui n'est pas le moindre c'est l’enjeu social c'est la dimension sociale, l'animation du vivre ensemble. Comment ménager de la place, aujourd'hui, dans les villes contemporaines à des jardins nourriciers où les gens aiment se rencontrer, et puis tout simplement échanger et parler. Alors; là nous sommes dans un écosystème, l'écosystème qui va de la parcelle privée, du balcon, du logement, à l'espace public à la grande échelle. La grande échelle c'est aussi bien le corridor écologique qui connecte le centre ville à l'espace périurbain, l'espace naturelle que l'on a autour le Lyon et puis le grand parc ou le jardin, la rue. Donc ce lien entre la petite échelle, la grande échelle, l'espace public, privé, c'est tout cela qui faut gérer et tenir.
Joëlle Diani, on comprend mieux alors au vue de ces enjeux, il fallait revenir à des séances qui retrouvent, un peu, un esprit d'intimité pour favoriser la création ?
Joëlle Diani : Compte tenu de la complexité du thème et puis surtout de la multitude d'acteurs qui interviennent. La multitude d'acteurs, ce sont des acteurs techniciens souvent cloisonnés dans leurs services, ce sont les associations, ce sont les élus, bien sur, aussi. L'idée c'était, effectivement, de ménager des petits temps de réflexion, d'échange d'expériences des petits séances un peu off à côté des grandes messes, pour favoriser l'échange entre nous, essayer de jeter un peu quelques brouillons avant le passage à l'action.
Alors, Joëlle Diani, pour conclure, est-ce que vous pouvez nous évoquer le dernier thème de la séance "brouillons de nature" ?
Joëlle Diani : Le dernier thème de la séance "brouillons de nature" était consacré au coefficient biotope, à Paris. C'est une nouvelle règle qui est appliqué dans le PLU de Paris depuis 2006 qui consiste à compenser le déficit nature dans certains quartiers par un coefficient qui impose déjà des plantations en pleine terre, et puis aussi compenser le déficit végétal lorsque l'on ne peut pas planter en pleine terre par des plantations le long des murs, sur les murs, ou sur les toitures. Ca c'était la séance de février, une prochaine séance, au printemps, sera consacrée au jardin, aux jardins partagés, aux jardins nourriciers dans l'agglomération lyonnaise.
Merci beaucoup Joëlle Diani, on vous souhaite de bon brouillons pour la suite des événements.
Joëlle Diani : Merci à toi, Angèle.